Articles de presse Novembre 2010 (extraits)

:: Mises à Jour du Site

:: Accueil

:: Biographie

:. Communauté
• Forum
:. Agenda
• Télé / Radio
:. Revue de Presse
• Couvertures de Magazines
• Articles de Presse
• Articles de Magazines
• Jen vue par
:. Discographie
• Téléchargement Titres
• CD
• DVD
:. Concerts
• Infos & Dates Concerts
• Programmes
:. Médias
• Vidéos
• Audios
Livres
:. Album Photos
• Photos Reporters
• Caps Télé
:. Filmographie
Cinéma
Téléfilm
Théâtre
:. Look
Mode
:. Palmarès
• Top Albums
• Top Titres
• Top DVD
• Distinctions
:. Liens
• Associations
• Sites Officiels
• Facebook Jenifer
• Twitter Jenifer
• Instagram Jenifer
:. Shopping
• La Boutique
:. Le Site JUA.
• Les Archives
• Contact

 

Dhnet.be du 30/11/10 - Appelez-la Jen, puisqu’elle vous le demande…

 

 Jenifer sort son 4e album studio : nouvelles plumes, nouveau producteur, nouvelle vie…

 

 BRUXELLES Une silhouette menue, au teint hâlé, fume rêveusement une cigarette à l’entrée du building d’RTL. Engoncée dans une veste de fourrure, une grosse écharpe autour du cou, c’est à peine si l’on reconnaît Jenifer… Ce n’est que quand elle vous tend une main un peu frigorifiée et qu’elle se présente gentiment qu’on se dit que c’est bien elle, cette jeune fille née à la télévision voici dix ans et qui a, depuis, accompli un sacré parcours dans la musique.

 

 Vos fans risquent d’être surpris à l’écoute d’Appelez-moi Jen…

 “Oui, c’est vrai, c’est encore différent de ce que j’ai fait jusqu’ici. J’aime bien relever des défis et prendre des risques. J’ai soif d’apprendre et de rencontrer des gens, pour établir un maximum d’échanges. Et ça m’amène ailleurs, sur cet album, parce que j’ai fait des rencontres que j’ai un peu provoquées. Pour aller au bout de mon idée, j’avais envie de trouver des sonorités encore différentes, j’avais envie de chanter différemment, les textes m’ont inspirée différemment.”

 

 Vous avez travaillé sur base des textes ou de la musique ?

 “Nous nous sommes basés, d’abord, sur les textes. J’avais fait cette expérience avec Lunatique, mon troisième album qui avait plutôt bien fonctionné. Tout est allé relativement vite. Une fois que je me suis ressourcée, moi, faut que ça avance, que ça aille vite. Je savais où j’avais envie d’aller. J’ai pris rendez-vous avec mon directeur musical chez Universal, je lui ai fait part de mes envies, de la vision globale que j’avais de mon album. J’ai écouté énormément de choses, j’ai sélectionné des compositeurs et j’ai craqué sur certains. Des gens qui venaient d’univers différents du mien…”

 

 C’est vous, également, qui avez choisi le réalisateur ?

 “Oui. Je voulais, après être partis dans tous les sens, que l’album soit quand même le plus homogène possible. C’est Pierrick Devin qui l’a réalisé, mais comme il travaille avec quelqu’un d’autre, finalement, on était trois et on a bossé de manière très complémentaire. C’étaient un peu des retrouvailles, parce qu’il avait été assistant ingénieur du son sur mon premier album. Pierre Guimard non plus n’était pas du tout du même univers que le mien : lui vient plutôt de la nouvelle chanson française. Bref, tout ça ensemble, cela a donné un album plutôt spontané. On était en séminaire en juillet, je suis rentrée en studio mi-août et le mix a été terminé mi-octobre. Entre-temps, on avait déjà envoyé un titre en radio, Je danse.”

 

 Vous dites que vous aviez une idée assez claire de ce que vous vouliez. Elle venait d’où cette idée-là ?

 “De ce que j’écoute, quand je sors, aussi. Il y a des influences musicales qui me parlent, qui me font danser. Je voulais qu’il y ait quand même une certaine continuité, je ne voulais pas un truc trop barré ou tout à fait électro parce que ça ne me correspondait pas. J’avais envie que les gens soient surpris et de me surprendre moi.”

 

 Mais ce n’est pas en réaction à quelque chose, pour casser une image ?

 “Non, pas du tout. C’était une envie actuelle. Je ferai quelque chose d’autre ensuite, peut-être. J’avais aussi envie de pouvoir proposer autre chose pour la scène.”

 

 C’est une démarche assez rare en France, mais pas chez les Anglo-Saxons : Madonna s’est réinventée à chaque album…

 “C’est vrai. Et elle l’a plutôt bien fait. Mais c’est très risqué en France. En particulier pour moi qui viens de la Staracad’, etc. Mais, moi, c’est ce qui m’excite : j’ai soif d’apprendre, en permanence. Fonctionner mécaniquement, ce n’est pas mon truc.”

 

 Les auteurs, vous les avez choisis parce que vous les connaissiez ?

 “Du tout. J’ai écouté les titres sans savoir de qui ils étaient. J’avais envie d’avoir des plumes nouvelles et j’ai précisé que je ne voulais pas parler d’amour, encore. Finalement, l’album ne parle que de ça. (rires) J’ai craqué sur ces textes. Ils me parlaient, il y avait un côté espiègle, joueur. J’ai sélectionné une trentaine de textes. Le seul auteur que je connaissais, c’était David Verlant, qui avait écrit la quasi-totalité de Lunatique. Et puis, il y a eu Jérôme Attal, dont j’adorais les bouquins… Ce n’est pas très intellectualisant, les textes que je défends. J’aime qu’on comprenne directement, que les textes soient fédérateurs. Qu’on puisse se retrouver dans mes chansons.”

 

 Ce son des années 80, en tant que consommatrice de musique, vous ne l’avez quasi-pas connu. Vous étiez môme !

 “J’étais plus 60-70, malgré mon jeune âge : je suis née en 1982. Mais mon père écoute encore beaucoup de musique de cette époque, la Motown. Jusqu’ici, j’étais plus dans les sonorités plus ethniques, plus groove. Mais là, j’avais vraiment envie de quelque chose de plus 80, plus synthétique, mais pas trop non plus. C’est un mélange de musique qui me correspond actuellement.”

 

 On sent une manière très libre ou libérée de chanter…

 “J’ai toujours été très libre, sur mes albums. Simplement, là, j’ai été inspirée différemment. Parfois, je chante même sur le fil, c’est à peine juste. L’envers du paradis, par exemple. C’est la voix que j’ai toujours eue mais je n’avais pas encore eu l’occasion de montrer cette facette-là parce que les textes m’inspiraient différemment.”

 

 C’est sûr que quand on chante Pole dance, on peut se lâcher autrement !

 “C’est clair. Ça me fait chanter différemment… L’idée m’est venue en studio, quand j’étais en création.”

 

 C’est clairement l’album d’une fille, selon vous ?

 “Oui, mais je suis sûre que ça va parler à certains mecs. Mais c’est vrai qu’il y a un côté un peu féministe, ironique avec les garçons. Même si je ne suis pas du tout girl power. Tout ça reste très sympa.”

 

 Il y a quelques années, en tournée, vous disiez ne vouloir qu’une chose : être heureuse avec votre musique…

 “Et ça n’a pas changé. J’aime la musique et – je vais encore parler des rencontres – j’aime tenter des choses, être en studio, monter sur scène avec des décors différents. Là, je vais repartir sur la route avec un spectacle encore différent. Pour la première fois, je vais avoir un metteur en scène.”

 

 Ah oui ?

 “Oui. C’est Cyril Houplin, qui a un peu contribué à créer le personnage de M, il a fait le Soldat Rose. C’est un graphiste, qui touche à tout. Il est venu en studio écouter ma musique et il a été agréablement surpris et inspiré par ma musique. Du coup, on va pouvoir proposer quelque chose de différent au public, on va partir dans des théâtres, faire bouger le décor. Il y aura un échange, auquel je tiens, avec le public.”

 

 Cela fait un petit bout de temps, maintenant, que vous êtes sur la route. Vous avez l’impression que le public grandit avec vous ?

 “Il y a des gens qui ont lâché, d’autres qui sont toujours là, qui ont grandi avec moi et ça, c’est magnifique. Et puis, il y en a qui adhèrent à ma musique maintenant. Je reçois des témoignages, des lettres qui me font dire ça… C’est un vrai mélange et j’adore ça. Ah oui, j’oubliais : il y a aussi des gens qui ne m’aiment pas du tout. C’est le jeu…”

 

 Les gens qui vous découvrent aujourd’hui, vous vous demandez ce qu’ils pourraient penser de vous il y a dix ans ?

 “Non, parce que j’assume tout parfaitement. Si c’était à refaire, je referais tout de la même manière. Chaque album correspond à une période, à un âge aussi. Là, j’avais envie de raconter autre chose, c’est ce que j’essaie de faire à chaque fois.”

 

 Ça va faire dix ans, déjà !

 “Ben oui, déjà. Certaines filles avaient 14 ans à l’époque, ce sont des femmes aujourd’hui et je trouve ça super-beau.”

 

 Ça veut dire qu’il va se passer des choses spéciales pour fêter ça sur scène ?

 “Je vais fonctionner encore avec mon feeling et ce n’est pas par rapport à mes dix ans de carrière que je vais faire quelque chose de spécial, non.”

 

 Vous dites avoir besoin de vous ressourcer, entre deux albums. Là, vous n’avez pas eu beaucoup de temps…

 “Non, mais suffisamment… J’ai fait du théâtre, j’aime me retrouver dans mes terres, en Corse. Retrouver mes amis, vraiment. J’arrive à concilier mon métier, qui est ma passion, avec ma vie de maman, de jeune femme…”

 

 Superwoman, c’est vous ?

 (rires) “Je suis super-bien organisée. Tout est question d’organisation ! Pour l’instant, je m’en sors bien. Il est cool, ce métier-là : je n’aime pas la routine et ça me permet de garder un certain équilibre. Je peux aussi me retrouver dans mon jardin secret et ça me permet de ne pas péter les plombs.”

 

 Interview > I.M.

 


 

Dhnet.be du 30/11/10 - Avec le fils de Geluck

 

BRUXELLES Quand son directeur artistique lui a parlé d’un séminaire, pour confronter les auteurs et les musiciens de son futur album, Jenifer avoue avoir tiré une drôle de tête. “J’ai trouvé ça à la fois un peu étrange et un peu conventionnel. Je me suis dit que ça allait être une sorte de compétition entre les auteurs. Au départ, j’ai dit non, j’ai voulu les rencontrer au studio… Je me braquais sur ce mot de séminaire”, dit-elle.

 

 Mais finalement, une fois arrivés dans le Nord… de la Corse, c’était super ! “On avait une super-maison, j’ai rencontré des gens fabuleux, comme Coco Royal – Antoine (le fils de Philippe Geluck, NdlR), qui est un type formidable. Des gens aux cursus et aux personnalités musicales différentes. On s’est retrouvés comme dans une colonie de vacances, à faire de la musique – ce qu’on aime, finalement. L’ambiance était très feu de camp, je mettais mon grain de sel partout, j’étais la seule nénette et c’était cool.”

 

 Bref, chouchoutée, choyée, Jenifer a travaillé… au soleil, dans les meilleures conditions qui soient. Un bonheur sans nuages qui s’est prolongé à Paris, en studio.

 

 “Antoine est venu poser sa voix. C’était aussi l’occasion, pour lui, de voir ce qu’étaient devenues ses maquettes, sourit la chanteuse.

 

 “On l’entend sur L’amour fou et j’aime vraiment bien quand nos voix se mélangent, en fait. Du coup, je l’ai fait un peu chanter.”

 

 I.M.

 


 

Le Parisien du 29/11/10 - « Appelle-moi Jen »** : un pari pop réussi

 

Le Parisien le 29 Nov. 2010

 

Jenifer drague les branchés. C'est en tout cas l'impression que laisse ce nouvel album, rythmé par des ambiances rétro, très inspirées par des années 1980 ultratendance. Guitares rythmiques à la Chic, synthés à la Elli et Jacno, mélodies à la Human League : des références qui ne parlent peut-être pas à l'intéressée, née en 1982, mais qui sont clairement des sources d'inspiration pour ses collaborateurs, et pas des moindres.

Les producteurs de ce nouvel album ont déjà sévi aux côtés de Phoenix, Cassius, Jamaica ou Lilly Wood and The Prick, soit la crème de la pop française du moment. En revenant ainsi à la musique, Jenifer tente un pari : séduire un nouveau public, tout en ne perdant pas le sien. Un exercice de haute voltige artistique réussi.

 

« APPELLE-MOI JEN » de JENIFER Mercury 15,99 €

 

**Beaucoup

 


 

Le Parisien du 29/11/10 - Jenifer la gagnante de la première « Star Academy » revient avec un quatrième album ambitieux. Elle veut parler musique, pas vie privée.

 

Jenifer est une chanteuse. Elle sort aujourd'hui un disque, son quatrième, « Appelle- moi Jen », avec des chansons dedans. La précision s'impose car, pour un peu, le public l'avait oublié. La remarque surprend à peine l'artiste. « Cela fait ch… mais c'est vrai. On ne savait plus qui j'étais, ce que je faisais », confirme-t-elle.

La faute à une presse people qui épie en permanence ses faits et gestes. Jenifer enceinte, Jenifer maman d'un petit Aaron, Jenifer séparée de son compagnon Maxim Nucci, puis tombée dans les bras de Pascal Obispo, Jenifer de nouveau célibataire.

Vie privée très publique d'une jeune femme qui a de temps en temps perdu son sang-froid face aux photographes. « Ils étaient parfois extrêmement agressifs, provocants pour me faire réagir. Cette presse m'a violée, volée, a raconté n'importe quoi. C'est pour cela que je me bats contre elle, que j'attaque toujours les journaux. »

Tout serait donc permis avec Jenifer, propriété du public, parce que première gagnante de « Star Academy » en janvier 2002. En ouvrant la vague des télécrochets, elle se retrouvait instantanément phénomène de la chanson grâce aux SMS des téléspectateurs.

Alors, aux yeux de certains, elle ne peut rien leur refuser après avoir vécu dans leur salon pendant des semaines. « Je suis juste restée trois mois devant les caméras, se défend-elle. Et je détestais ça. J'assume et je l'ai fait pour de bonnes raisons : la musique, pas la célébrité. » L'argent aussi. Elle ne s'en cache pas. « On était rémunéré chaque semaine, j'en avais besoin, j'étais dans la galère. Je travaillais comme assistante attachée de presse dans les nouvelles technologies grâce à une copine. Dès que j'allais chanter quelque part, la patronne acceptait mais me déduisait la journée de mon salaire. Et moi, je ne voulais rien demander à ma famille. »

Et du jour au lendemain, Jenifer pose à la une des journaux, se voit offrir un album sur un plateau, vendu à 1 million d'exemplaires, avec une tournée triomphale. « Je pensais pourtant que ça allait être éphémère. Pour moi c'était un coup. C'est sur scène quand j'ai vu les gens chanter mes chansons, que j'y ai pris goût. » Elle aurait pu perdre pied. « Mon jardin secret m'a préservée, ma vie personnelle a pourtant été attaquée, alors que je ne suis qu'une chanteuse. »

« Sous l'apparence, les apparats, faut voir dessous, pour en être sûr », « j'ai moins peur des vampires que de ton souvenir », « toi et moi, on s'est perdu hélas, dans cet enfer de strass, où rien n'est à sa place » : certains refrains semblent résonner avec son destin. « Il n'y a pas toujours de moi dans les chansons », se défend-elle, trop maligne pour tomber dans le piège des vraies confidences. On lui parle de l'album d'un petit oiseau qui a laissé des plumes dans la débâcle des sentiments. « Aujourd'hui j'ai 28 ans, j'en avais 19 quand je chantais J'attends l'amour. J'ai grandi, c'est normal non? » Elle n'ira pas plus loin. Il ne s'agit que de musique finalement.

 


 

20 Minutes du 29/11/10 - Ne l'Appelez plus Jenifer

 


 

Liberation du 26/11/10 - Portrait Jenifer Star d’à côté

Jenifer. Loin de la fille trash de son nouvel album, la lauréate de la première «Star Ac», mère de famille, se veut girl next door.

 

Quand vient le soir, «Jen» avale une vodka et part danser jusqu’au bout de la nuit pour chasser le souvenir d’un amant perdu. Perchée sur ses hauts talons, se déhanchant autour d’une barre de «pole dance», elle s’exhibe, affolant les nerfs des garçons. Fuyant tel un vampire la lumière de ce jour qui ne se lève que sur des amours poudre aux yeux, voués à mal finir… Triste destin pour la rayonnante lauréate de la première Star Ac, qui «attendait l’amouuuur» en faisant rêver les enfants. Sauf que cette Jen-là n’est qu’un personnage, qui donne son nom au nouvel album de la chanteuse. Qui n’est donc pas le récit autobiographique des amours et malheurs de Jenifer. Et c’est toujours la jolie jeune fille volubile et souriante, née dans la télé un hiver du début de ce siècle, qui reçoit en cette après-midi promo, tout en couleurs et bonne humeur. D’ailleurs, promis, elle ne voulait pas vraiment parler d’amour dans ce disque mûri au soleil de Corse en juillet lors d’un «séminaire de travail» avec des compositeurs de la «nouvelle scène pop française». Résultat, les dix titres au son pop-synthé 80’s parlent surtout d’amours qui vont mal, de couples qui se trahissent et de chagrin à noyer. Mais c’est pour de faux, Jenifer ne se reconnaît pas en Britney Spears à la française, enfant-star tournant déglingue. «Je ne suis pas bien trash, admet-elle dans un sourire. Sur mon album, je joue un personnage car parler de moi ce n’est pas très intéressant. On s’ennuierait au bout d’un moment…»

 

Si Jenifer trouve sa vie banale, ce n’est pas l’avis de la presse people qui suit ses aventures avec délectation depuis sa victoire à la Star Academy, il y a neuf ans. Et la jeune fille ne s’y fait pas, ce qui a entraîné cette réplique agacée sur sa page Facebook après une nouvelle annonce de mariage à venir : «Jenifer n’est ni fiancée, ni divorcée, ni mariée, ni séparée, ni hospitalisée, ni déprimée, ni droguée, ni déracinée, en excellente santé… juste, un peu fatiguée de leurs conneries !»

 

Naïvement, on pensait qu’en ayant grandi sous les yeux de la téléréalité, voir sa vie à la une faisait partie du métier. Qu’on faisait avec, voire qu’on laissait faire, dans une sorte de deal notoriété contre bonnes ventes. A l’évocation de cette hypothèse, Jenifer redresse son 1,58 mètre et hausse le ton : «Je ne suis pas d’accord. Ça me dessert. Je suis une chanteuse et on me voit comme une marionnette. C’est inintéressant au possible, le bisou volé, la baguette achetée… J’essaie de me faire oublier un peu, de ne pas apparaître dans la presse people. C’est trop cheap.»

 

On est donc revenu de l’entretien avec le minimum syndical : mademoiselle Bartoli n’est pas fiancée, mais «très amoureuse», «très heureuse» et basta. On tente d’en savoir un peu plus, on ne récolte qu’un minaudant «ohh arrêtez, monsieur le journaliste».

 

Jenifer est beaucoup plus volubile quand elle parle de musique et de sa carrière. Appelle-moi Jen est son quatrième album studio, une longévité pas si fréquente parmi la cohorte de chanteurs pas toujours durables créés par la télé depuis une décennie. Elle a vendu 300 000 exemplaires du précédent album, Lunatique, réalisé par son compagnon de l’époque, Maxim Nucci, le père de son fils.

 

Comme dans les rêves dessinés par Endemol et TF1, elle gagne «bien sa vie» grâce à la musique, vit au centre de Paris, fait peu de folies et file dès que possible prendre l’air dans ses montagnes corses. Elle dessine sans rechigner l’autoportrait d’une jeune fille qui a su rester simple et qui, en dehors du boulot, aime recevoir des amis à dîner (elle recommande ses lasagnes), chiner, faire les magasins (de chaussure) et bouquiner (elle aime «les écritures légères», démarre en ce moment Folie furieuse de Jérôme Attal, qui lui a écrit une chanson). Abonnée à Libération, elle vote mais garde sa voix pour elle. On ne lui connaît qu’une prise de position, récente, en faveur du mariage gay et de l’adoption par les couples homosexuels. Sinon, ce sont les concerts pour les Enfoirés et le marrainage de l’Association Chantal Mauduit pour la scolarisation des enfants du Népal.

 

Bref, une vie normale mais un peu en accéléré. «J’ai tout fait très tôt», résume la Méditerranéenne née à Nice, qui tout en se racontant s’assied, allume une cigarette, change de position, demande un café, puis plutôt un thé parce qu’elle boit trop de café, enfin s’assied différemment en nouant une écharpe dans ses cheveux, un peu comme ça puis finalement comme ça… Son père est un pied-noir algérois, sa mère une Corse avec des origines espagnoles. Elle n’a jamais bien compris d’où lui était tombé ce prénom américain «qui ne veut rien dire», en revanche, le «n» unique lui vient de sa tante qui ne voulait que sept lettres car ça porte bonheur. Ses parents travaillent dans le prêt-à-porter, ne roulent pas sur l’or. C’est une «belle enfance» mais finalement assez courte. Car, à force de voir la gamine s’incruster au culot sur les podiums pour entonner du Piaf, du Céline Dion - la légende rapporte deux titres chantés en «première première partie» de C. Jérôme -, sa mère la pousse à participer à Graine de stars, le télé-crochet de M6. Premier contact avec la caméra et expérience traumatisante. «Je me suis trop laissée faire, j’avais 13 ans et demi, on m’a maquillé comme un pot de peinture…» Pour l’adolescence balisée, en tout cas, c’est loupé. Jenifer décroche de la scolarité en seconde et part tenter sa chance à Paris à 16 ans, «un défi ; ou une sorte de fuite». Elle a un petit boulot d’assistante attachée de presse, dort à droite à gauche, se nourrit de raviolis en boîtes et rien ne décolle.

 

Elle s’apprête à rentrer à Nice quand la bonne fée Star Ac la sauve en l’hébergeant pendant trois mois dans un château truffé de caméras. Et le 12 janvier 2002, grâce à l’afflux de milliers de SMS surtaxés, Jenifer devance Mario. Elle a 19 ans, enregistre un premier album et empoche un million d’euros (imposables) d’avance sur les ventes. Aujourd’hui, elle assure avoir un «bon souvenir de cette colo de vacances» dont elle ne renie rien. «C’est un échange de bons procédés, je me suis servie d’eux comme ils se sont servis de moi.» Elle en a gardé quelques amis qu’elle ne voit pas si souvent (dont Olivia Ruiz), un contrat désormais en direct avec Mercury Universal et une culpabilité d’avoir gagné dont elle a mis du temps à se débarrasser. Elle a aussi conservé cette façon de glisser dans la conversation des expressions toutes faites, comme répétées des milliers de fois depuis dix ans où il est question de se «brûler les ailes», de «garder la tête froide» ou de faire de la musique avec «toute sa sincérité». Après avoir écoulé un million d’exemplaires de son premier album, Jenifer met de côté le SAV à l’international pour avoir un enfant, à 20 ans. Une envie qui remontait à loin, «très réfléchie, très mature. J e n’avais pas envie d’une poupée, je savais ce que ça impliquait». Depuis, elle a enchaîné albums, tournées et même une expérience de théâtre, en interprétant les Monologues du vagin. Ou elle a retrouvé le plaisir de «jouer des personnages différents». Avant peut-être, un jour, d’oser dépasser le sien.

 

En 6 dates

15 novembre 1982 Naissance à Nice.

Janvier 2002 Remporte la première édition de la Star Academy.

Décembre 2003 Naissance de son fils Aaron.

2004 Deuxième album le Passage.

2007 Troisième album studio Lunatique.

29 novembre 2010 Appelle-moi Jen.

 

 Par GUILLAUME LAUNAY

 

Merci à JustJenifer ;-)

 


 

France Soir du 19/11/10 - Jenifer, elle livre ses quatre vérités

 

La chanteuse, qui sort son quatrième album marqué par des sonorités et une ambiance années 1980, s’agace d’être toujours la cible de la presse people. Elle a savamment préparé son retour. Depuis quelques semaines, le premier single Je danse, extrait de son nouvel album Appelle-moi Jen qui sortira le 29 novembre, est audible à la radio. Soit un titre qui, comme l’album, marque une nouvelle inflexion dans son univers. Pour l’heure, Jenifer, 28 ans depuis le 15 novembre et mère d’un petit Aaron, est tout sourire, ravie d'évoquer ce disque dans lequel elle tâte de l’électro-rock en compagnie d’une équipe de jeunes gens branchés.

 

France-Soir. A votre avis, qui attend un nouvel album de Jenifer aujourd’hui ?

Jenifer. Mon souhait serait de grandir avec ceux qui me suivent depuis longtemps et d’en surprendre d’autres. Je n’ai pas de cible précise et je travaille en équipe. Si j’aimais plus l’argent que la musique, je mettrais mon nom partout dans mes disques, je composerais moi-même mes morceaux. Je souhaite juste rester sincère. Là, j’ai eu envie de nouveauté, de nouvelles sonorités, de quelque chose de dansant.

 

F.-S. Dans ce disque, vous changez une nouvelle fois de couleur musicale…

J. Avant de me remettre à travailler, j’ai réfléchi. A priori, la musique des années 1980 n’est pas celle que j’aime. Cette direction n’était pas du tout une évidence pour moi, mais ça a été l’occasion de faire de nouvelles rencontres. Avec mon équipe, nous sommes partis en Corse pour travailler, dans les montagnes derrière l’Ile-Rousse. Une destination évidente pour moi… Le feeling est tout de suite passé. Ambiance feu de camp le soir, beaucoup d’échanges. On a laissé reposer tout ça et le résultat est un truc espiègle, spontané. Pendant que nous enregistrions ce disque, il s’est bien évidemment raconté n’importe quoi : un duo avec Marion Cottillard, du reggae avec Christophe Maé… En même temps, j’ai l’habitude.

 

F.-S. Vous arrive-t-il d’avoir envie de vous faire oublier ?

J. Oui, quand je prends du recul. Après, on vient me perturber dans ma vie privée en racontant tout et n’importe quoi dans des journaux que je qualifie de torchons. Franchement, la vie de Jenifer, on s’en fout ! Ou plutôt, on devrait s’en foutre un peu plus. Heureusement, toute la presse n’est pas comme ça. Mais j’essaie d’aller au-delà de ce personnage qu’on me construit. Comme je ne donne rien, ces journaux se permettent tout et n’importe quoi. Je gagne mes procès contre eux en permanence mais ils recommencent ! Il y a chez eux un budget prévu pour ça. C’est vraiment dingue. Après, j’essaie de relativiser et de me concentrer sur mon travail.

 

F.-S. Vous ne vous habituez toujours pas à la curiosité que vous suscitez ?

J. Les gens sont très friands de ce genre d’histoires… Je n’ai pas envie de cracher sur la télé-réalité parce que ça m’a servi de tremplin, mais il n’y a plus que ça à la télévision. Et, pour cette raison, les gens deviennent accros à ce genre de scénarios. J’espère seulement qu’un jour on s’intéressera à moi seulement pour ma musique et qu’on ne me verra pas seulement comme une poupée pour papier glacé.

 

F.-S. Vous n’arrivez pas à vous en amuser ?

J. Non, je ne m’en amuserai jamais, surtout lorsqu’on parle des miens. Et je ne m’en suis jamais servie.

 

F.-S. Vous doutez encore de vous ?

J. Tout m’étonne encore. J’ai l’impression à chaque nouvel album de tout recommencer de zéro. Et ce n’est pas le fait d’être connue qui fait tout. C’est aussi pour ça que me suis essayée au théâtre avec Les Monologues du vagin. Au début, ça a été très difficile parce que j’ai beaucoup de mal à parler en public. Il a fallu quelques représentations pour que je me sente à l’aise. Et je compte bien remonter sur scène pour faire de la comédie. Est-ce que j’ai ce talent ? Je ne sais pas. En tous cas, j’attends la bonne proposition.

 

F.-S. Vous considérez-vous comme quelqu’un d’équilibré ?

J. Oui, mais je suis victime de rumeurs. J’essaie de concilier au mieux ma vie de femme, d’artiste et de mère. Dans le fond, je suis à la fois très organisée et très heureuse.